Samedi, 9h. Vous avez un café, un vieux jean et une conviction : cette année, la voiture rentre au garage.
9h20. Trois cartons sont sortis sur l’allée. Le premier contient des câbles. Vous ne savez pas à quoi ils servent. Vous les gardez, parce qu’on ne sait jamais.
9h45. Votre conjoint arrive. Il prend un objet, il dit « ça, ça peut servir ». Vous prenez un autre objet, vous dites « ça, ça peut servir ». Chaque objet a trouvé son avocat. Personne n’ose trancher.
10h30. Vous avez constitué trois tas : garder, jeter, on verra. Le tas « on verra » est de loin le plus gros. C’est aussi le plus intéressant, puisqu’il contient exactement ce dont vous ne vous servirez jamais.
11h. Le voisin passe, regarde l’allée, et demande si vous déménagez. Joie. Bonheur.
12h30. Il faut déjeuner. Vous rentrez les cartons dans le garage pour ne pas les laisser dehors. Tous. Y compris le tas « jeter ».
14h. Vous avez gagné une étagère et perdu un samedi. La voiture, elle, est toujours dans la rue.
Ce qui bloque, dans un garage, n’est presque jamais la place. C’est qu’à deux, personne ne veut être celui qui jette. Alors on reporte, et le garage avale tout, patiemment, année après année.
Rassurez-vous : le premier pare-brise givré de décembre tranchera pour vous.
